Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 8 novembre 2026
CHAPITRE XXXVI.
(FIN DU PRÉCÉDENT).
Pendant la traversée qui les conduisait à leur lointaine mission, quelques-uns de nos missionnaires employaient leurs loisirs à catéchiser les jeunes matelots du bâtiment, afin de les préparer à la première communion.
Pour eux la messe était dite chaque dimanche. Le capitaine n’avait garde d’y assister. Pas un signe, pas un mot qui annonçât s’il était catholique.
Tout à coup, à la suite d’une bonne lecture, il laisse échapper quelques paroles qui trahissent les combats de son âme. L’esprit de sagesse venait de le toucher.
« Dieu nous inspire de commencer une neuvaine pour obtenir sa conversion. Elle se termine le 3 juin.
Eh bien ! le jour même, à neuf heures du soir, au moment où l’un des missionnaires se promenait sur le pont, le capitaine l’observe et, d’une voix émue, il lui dit : « Monsieur, j’ai un grand service à vous demander.
- Je suis tout à vous, répond le missionnaire. - Je veux me confesser, non pas ce soir, car ce n’est pas trop d’un jour pour m’y préparer, mais pas plus tard que demain. » Puis la conversation s’engage et se prolonge bien avant dans la nuit.
Le lendemain, le capitaine assiste à la messe, bien que ce ne fût pas un dimanche. L’équipage ne pouvait en croire ses yeux. « Nous avions fixé la première communion à la fête de la très sainte Trinité.
Mais le capitaine nous ayant manifesté le désir de communier, s’il était possible, avec ses matelots, et voulant avoir plus de temps pour se préparer à cette action si auguste, nous nous rendîmes de bien bon cœur à ses désirs.
En attendant, la vie du capitaine devenait celle d’un apôtre. Il prêchait de la voix et de l’exemple. Un soir, comme il venait de se confesser, il aborde un des missionnaires et lui parle du bon Dieu d’une manière si touchante, que notre cher confrère était ravi de l’entendre.
Enfin, ils en vinrent à causer des possessions du démon. « Croyez-vous, dit le capitaine, qu’il existe encore de ces sortes de possessions ? Assurément ; elles sont même assez fréquentes dans les pays infidèles.
C’est égal, reprit le capitaine, je viens de lui jouer un mauvais tour ; comme il doit grincer des dents au fond des enfers ! » En disant ces mots, une grosse larme s’échappa de ses veux et vint mouiller sa moustache.