Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 15 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
Continuant Ses divins enseignements, le Verbe Incarné disait de Ses apôtres et de Ses prêtres : « Celui qui vous écoute M’écoute, celui qui vous méprise Me méprise ; celui qui vous reçoit Me reçoit, et celui qui Me reçoit, reçoit celui qui M’a envoyé» (Luc., X, 16 ; IX, 48).
Cette parole a traversé les siècles. Objet de vénération et de tendresse filiale de la part des vrais chrétiens, tel a été, tel est, tel sera toujours le prêtre. Sur ce point, deux faits, entre mille, représentent toute la tradition.
Au seizième siècle vivait à Naples la vénérable Ursule Benincasa, fondatrice des Théatines et institutrice inspirée du Scapulaire de l’Immaculée Conception. Dès l’âge le plus tendre, cette enfant de bénédiction avait un tel respect pour les prêtres, qu’en les voyant elle se mettait à genoux, leur embrassait les pieds, se faisait bénir par eux et baisait jusqu’à la trace de leurs pas.
Telle était la joie que lui causait leur présence, que souvent elle se mettait à la fenêtre seulement pour les voir passer. Aussitôt qui elle les apercevait, elle s’inclinait profondément et donnait toutes les marques de la plus affectueuse vénération, comme si c’eût été la personne même de Notre-Seigneur.
Plus tard, elle disait naïvement à son confesseur « Quand j’étais toute petite, je désirais impatiemment les jours de fêtes pour deux raisons : la première, parce que, ne travaillant pas, je pouvais vaquer librement à tous mes exercices de piété.
La seconde, parce que je pouvais tout à mon aise me mettre à la fenêtre et voir passer les prêtres dans la rue. Je les regardais comme des anges du paradis, tandis que les autres hommes me déplaisaient souverainement. »
Telle était son estime pour les prêtres, qu’elle ajoutait : « Quand je verrais de mes propres yeux un prêtre tomber dans quelque faute, plutôt que de le croire, je croirais que mes yeux m’ont trompée» (Vita, etc., p. 282).
Écoutons maintenant un des apôtres des îles Gambier : « Un jour j’étais assis sur une grosse pierre, au fond d’une large baie, occupé à instruire des personnes d’un âge un peu avancé. Quelques insulaires s’aperçurent qu’il y avait longtemps que j’étais là ; ils jugèrent que je devais avoir faim.
Ils ordonnèrent aussitôt à un enfant d’aller cueillir un coco. L’enfant était bien jeune, et les cocotiers sont fort élevés. Imaginez-vous une tige parfaitement droite, au sommet de laquelle un gros bouquet de feuilles, de quinze pieds de long, se développe en parasol. Ces bons sauvages m’adressèrent la parole :
«Prie, père, me dirent-ils ; prie, de peur que l’enfant ne tombe et ne se tue». Quand le coco fut préparé, on me le présenta, en me disant : «En quelque part que tu sois, père, si tu as faim, dis : J’ai faim, et nous te donnerons à manger...»