Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 9 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
«Et il refusera de nous ouvrir et il nous laissera à la porte pendant la nuit, exposés à la neige, au froid et mourant de faim.
Si nous souffrons ce traitement avec patience, sans trouble et sans murmure, si même nous pensons humblement et charitablement que le portier nous connaît bien pour ce que nous sommes, et que c’est par la permission de Dieu qu’il parle ainsi contre nous, ô frère Léon, crois bien que c’est en cela que consiste la joie parfaite.
« Si nous continuons de frapper à la porte et que le portier courroucé nous chasse comme des fainéants importuns, nous accable d’injures, de soufflets et qu’il nous dise : « Partirez-vous d’ici, misérables filous ?
Allez à l’hôpital : il n’y a rien à manger ici pour vous.» Si nous supportons ces mauvais traitements avec joie et avec amour, ô frère Léon ! croisle bien, c’est en cela que consiste la joie parfaite.
« Si, enfin, dans cette extrémité, la faim, le froid, la nuit, nous contraignent de faire instance avec des larmes et des cris pour entrer dans le couvent, et que le portier irrité sorte avec un gros bâton noueux, nous tire par le capuchon, nous jette dans la neige et nous donne tant de coups qu’il nous couvre de plaies.
Si nous supportons toutes ces choses avec joie, dans la pensée que nous devons participer aux humiliations de notre béni Seigneur Jésus-Christ, ô frère Léon, croisle bien, c’est là que se trouve la joie parfaite. Et maintenant écoute la conclusion, frère Léon :
De tous les dons du SaintEsprit, le plus considérable est de se vaincre soi-même et de souffrir volontiers, pour l’amour de Jésus, les peines, les injures, et les opprobres» (Fioretti, ch. VIII).
Au spectacle de cette admirable humilité, il ne reste qu’à élever les yeux au ciel et à répéter les paroles de la Sagesse éternelle : Je vous remercie, Père, qui avez caché ces choses aux sages et aux prudents et qui les avez révélées aux petits.
Voyons le don de crainte à l’égard du péché. Une mère ne ressent pas tant de douleur de la mort de son fils, que l’âme inspirée du don de crainte en ressent de ses plus petites fautes. Le frère Alphonse Rodriguez était rempli de ce don divin.
Chaque fois qu’il passait dans un certain endroit de la maison, il se jetait à genoux, demandait pardon à Dieu en pleurant, se faisait de vifs reproches et se tirait les cheveux, et cela pendant de longues années.
Avait-il commis, dans cet endroit, quelque péché énorme ? Non, il s’était permis une petite légèreté de regards, par laquelle il croyait avoir offensé Dieu (Pergmayer, Médit. sur les sept dons, etc., p. 11).