Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 5 novembre 2026
CHAPITRE XXXVI.
(FIN DU PRÉCÉDENT).
«Nous mouillâmes à Futuna un dimanche matin. Le port était désert. - Où sont les habitants de ce village, me répétaient sans cesse le capitaine et les matelots ? Ils ignoraient que les naturels de Futuna, catholiques fervents, étaient tous allés à la messe.
Les maisons étaient abandonnées ; car, dans cette île convertie, on ne sait pas ce que c’est que le vol. Une heure d’attente se passe alors nous entendons retentir de tous côtés le chant des cantiques.
C’étaient les insulaires qui revenaient de l’église en bénissant le Seigneur. Nos pères s’empressèrent de venir nous recevoir, et les premiers chrétiens de la Nouvelle-Calédonie, persécutés pour la foi par leurs compatriotes, étaient reçus comme des frères par les nouveaux fidèles de Futuna» (Annales, n. 138, p. 383 et suiv., an. 1851).
Plutôt que d’abandonner le chemin du ciel, quitter son pays et sa famille est un trait évident du don de conseil, se quitter soi-même en est un plus évident encore.
« A Wallis, écrit un missionnaire, où j’ai exercé durant cinq mois le saint ministère, j’ai eu bien des consolations ; entre autres, de voir trois jeunes personnes, filles des plus grands chefs de l’île, me demander avec instance la permission de se consacrer à Dieu d’une manière spéciale, par le vœu de chasteté.
Cette pensée, elles l’avaient eue d’elles-mêmes par la seule inspiration de la grâce. Le Saint-Esprit leur avait appris que c’est là un conseil évangélique, dont le libre accomplissement plaît au Seigneur» (Id., n. 96, p. 398, an. 1844).
Ce n’est pas seulement sur les plages inhospitalières de l’Océanie, que le Saint-Esprit fait germer les fleurs de la virginité. Sous son influence, elle croît dans le sol si profondément souillé de la Chine et de la Cochinchine.
Laissons parler un apôtre du Céleste Empire. « Nous avons dans chaque chrétienté un certain nombre de personnes qui, sans être liées par les vœux religieux, font profession de garder la virginité.
On peut les appeler avec vérité la fleur de la mission, et cette espèce de fleur fait la gloire du jardin de l’Église. Qu’il fait beau voir le cep de la virginité briller ici au milieu de la fange de l’idolâtrie !
Rien ne peut exprimer quelle est la licence des mœurs en pays infidèle : mais l’excès du vice sert, dans les desseins de Dieu, à faire ressortir l’éclat de la plus pure des vertus, et il n’en faudrait pas davantage à des yeux clairvoyants pour reconnaître sa céleste origine.
Dans mon district, qui compte environ neuf mille âmes, il y a plus de trois cents vierges. Tout ce que font, en Europe, les sœurs de Saint-Vincent de Paul, les vierges chinoises en sont capables» (Annal., etc., n. 116, p. 44, an. 1848).