Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 25 octobre 2026
CHAPITRE XXXVI.
(FIN DU PRÉCÉDENT).
« Un jour je dis aux catéchistes : - Il faut faire un concours. - Père, ce n’est pas possible. - Je sais qu’un grand concours comme ceux d’autrefois n’est pas possible, mais un petit concours, où seront appelées quelques chrétientés seulement et qui aura lieu pendant la nuit, est très facile et, qui plus est, je compte y assister.
Le dimanche suivant on annonça publiquement, dans l’église, l’ouverture prochaine d’un concours sur le catéchisme. Ce fut une fièvre d’enthousiasme parmi toute la jeunesse. On avait un mois pour se préparer. Si je n’en avais pas été témoin, je ne me serais jamais fait une idée d’une émulation pareille. T
ous les soirs, les garçons d’un côté, les filles de l’autre, se réunissaient par petites bandes, dans les maisons des principaux chefs, chargés d’enseigner la lettre du catéchisme. La récitation se prolongeait jusqu’à onze heures, quelquefois plus tard.
« Si vous eussiez traversé par hasard la chrétienté de Hê-sin, vous eussiez été assourdi par un bruit de chants pieux, qui ne manquaient pas d’une certaine harmonie. Comme toutes leurs prières, les Annamites récitent le catéchisme en chantant.
Pendant le jour, c’était le même tapage dans les maisons particulières, dans les champs, et jusque sur les chemins, où ceux qui se préparaient au concours repassaient, en s’interrogeant mutuellement, la leçon de la veille, et le dimanche avait lieu dans l’église une répétition générale, à laquelle tous les catéchistes assistaient.
Chacun des candidats reconnu, par le conseil de son village, capable de soutenir l’épreuve de l’examen, avait donné son nom.
« Le premier concours eut lieu, pendant une nuit entière, dans la chapelle de Hè-Bang. Cette église, quoique assez vaste, ne put contenir la foule des spectateurs. Je dus me contenter d’être simple assistant.
Je fus introduit furtivement dans l’église, et caché derrière les tentures du grand autel, où l’on avait ménagé une petite ouverture qui me permettait de tout voir sans être aperçu. Un de nos pères annamites, homme grave et très respecté des chrétiens,
présida le concours. Il était assis magistralement sur un fauteuil, placé sur le marchepied de l’autel, tandis qu’en bas siégeaient, des deux côtés, les chefs des différentes chrétientés ; les examinateurs, choisis parmi les premiers lettrés de chaque village, étaient au milieu : un grand coup de tamtam annonça l’ouverture de la séance.