Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 18 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
« Pendant que le futur martyr soutenait son beau-père, lui-même recevait de la part des siens des encouragements et de bien douces consolations.
Sa femme vint le voir plusieurs fois avec son dernier enfant encore à la mamelle, l’exhorta à ne point s’inquiéter d’elle, et à se tenir tranquille sur le sort de ses quatre petits enfants ; ajoutant qu’avec la grâce de Dieu, elle espérait pouvoir les nourrir et les élever, quoique seule.
Vraiment cette femme forte s’est montrée digne épouse d’un martyr, et sa fille la digne enfant de sa mère. Cette jeune enfant, âgée de onze ans, s’échappa un jour furtivement de la maison paternelle, pour aller voir le saint confesseur dans sa prison.
Elle fit toute seule une demijournée de chemin, traversa sans crainte les soldats et les gardes, et pénétra jusqu’à son père, qu’elle encouragea à mourir, plutôt que de fouler la croix aux pieds. Quelques jours après les courageux athlètes reçurent la couronne du martyre» (Annales de la Prop., n. 73, p. 518, an. 1840).
Dans l’ordre ascendant, le troisième don du Saint-Esprit est le don de science. Au premier rang de notre estime, le don de science nous apprend à mettre notre âme et celle du prochain :
De quoi sert à l’homme de gagner le monde, s’il vient à perdre son âme ? Cette vérité capitale s’affirme par les actes de la troisième béatitude.
Un seul jour des siècles chrétiens a produit plus de ces affirmations héroïques, que le monde païen n’en avait vu pendant deux ou trois mille ans. Ce qui a été fait continue de se faire.
« En France, écrit un missionnaire de le Chine, on serait plus qu’étonné, si on voyait de pauvres malades, qui n’ont plus que deux ou trois jours de vie, venir en barque, de quinze, vingt, trente lieues, pour recevoir les derniers sacrements.
Ici, c’est la chose la plus commune. Un jour on m’en a apporté neuf de différents endroits dans la même chapelle : c’était un vrai hôpital.
J’entendis leurs confessions, je les communiai, je donnai l’extrême-onction à plusieurs d’entre eux et les renvoyai tous, remplis de consolation ; mais mon contentement était bien aussi grand que celui de ces bons néophytes.
Que diraient de cette pieuse coutume les chrétiens indifférents d’Europe, surtout si on ajoutait que ces héroïques fidèles meurent assez souvent dans leurs barques au milieu de leur route ?